Les avocats marocains s’apprêtent à reprendre temporairement leurs prestations à partir du 7 octobre. Réunie dimanche 20 septembre à Rabat, l’Association des barreaux du Maroc a décidé de maintenir le mouvement actuel jusqu’à cette date, avant d’en suspendre provisoirement l’exécution.
Pour l’ABAM, ce calendrier n’est pas anodin. L’organisation explique avoir choisi une date intervenant après l’ouverture de la nouvelle année législative et après les élections appelées à faire émerger une nouvelle majorité politique et un nouvel exécutif. L’objectif affiché est de laisser aux nouvelles institutions le temps de se saisir du dossier et d’apporter, selon les termes de l’association, les corrections nécessaires au processus législatif entourant la réforme de la profession.
L’Association insiste toutefois sur un point : la suspension du mouvement ne signifie pas que les avocats tournent la page de leur mobilisation. Les revendications liées au projet de loi régissant la profession restent intactes, tout comme les critiques formulées à l’égard du traitement du dossier par le gouvernement.
Selon l’ABAM, cette parenthèse doit au contraire permettre de préparer la prochaine étape. L’organisation laisse entendre que la mobilisation pourrait reprendre sous d’autres formes si les garanties attendues sur l’indépendance, l’autonomie et les acquis de la profession ne sont pas apportées.
Dans son communiqué, l’Association affirme que les avocats refusent une reprise normale de leur activité dans un contexte où, selon elle, l’Exécutif serait revenu sur certains engagements pris auparavant.
L’ABAM estime que cette situation porte atteinte à la place de la profession d’avocat, qu’elle présente comme une mission à la fois juridique et humaine. Elle entend donc maintenir la pression afin de défendre son statut, son autonomie et son rôle dans le fonctionnement de la justice.
La décision du 7 octobre apparaît ainsi davantage comme une trêve que comme une sortie de crise. L’Association des barreaux du Maroc veut profiter de cette période pour observer les orientations des nouvelles institutions et évaluer les réponses qui seront apportées à ses revendications.
L’organisation réaffirme enfin son attachement à une profession « libre, indépendante et fière », ainsi qu’aux principes de justice et de primauté du droit. La reprise temporaire des prestations ne ferme donc pas le dossier : elle ouvre plutôt une nouvelle séquence dans un conflit qui reste, à ce stade, loin d’être totalement réglé.


